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Célébrer le jour du Seigneur
église catholique
Saint-François de Molitor
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dimanche 5 avril 2026
Solennité de la Résurrection du Seigneur
Année A
Le Christ, l’Étranger !
Le mystère du Christ peut être contemplé à travers une catégorie profondément biblique et spirituelle : celle de l’étranger. De sa naissance à sa résurrection, le Fils de Dieu apparaît comme Celui qui entre dans le monde sans jamais s’y installer, révélant par là même le sens de son incarnation et de notre propre condition.
Dès sa naissance, le Christ est un étranger. L’Évangile souligne avec force qu’« il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune » (Lc 2,7). Celui qui est le Verbe éternel, par qui tout a été créé, entre dans le monde sans y trouver de lieu. Il naît hors de l’espace ordonné des hommes, dans la pauvreté et la précarité, comme Celui qui dépend de l’accueil d’autrui. Cette étrangeté originelle révèle déjà le mode de présence de Dieu : non pas celui qui s’impose, mais Celui qui se donne et qui attend d’être accueilli. L’incarnation est ainsi marquée par une distance paradoxale : Dieu est là comme un étranger.
Cette condition atteint son sommet sur la Croix. Le Christ est rejeté hors de la ville, dépouillé de tout, abandonné par les siens. Il meurt comme un exclu, privé de tout lieu et de toute reconnaissance. Son cri — « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27,46) — exprime jusqu’au bout cette expérience d’étrangeté : étrangeté aux hommes qui le rejettent, étrangeté aux hommes qui le condamnent, qui l’excluent et qui le dépouillent de toute consolation. Le Christ devient alors l’Étranger absolu, non par rupture avec le Père, mais en assumant jusqu’au bout l’exil de l’homme. Dans cette étrangeté, il rejoint toute exclusion, toute solitude et toute souffrance…
Toutefois, c’est dans la résurrection que cette étrangeté trouve son sens ultime.
Celui qui est la Vie entre dans la mort comme dans un lieu qui n’est pas le sien. Il y entre comme un étranger, car la mort ne peut le contenir. Dès lors, cette étrangeté est renversée :
elle n’est plus étrangeté d’échec, mais étrangeté de victoire ; elle n’est plus étrangeté d’exil, mais étrangeté d’hospitalité. Le Christ transforme l’étrangeté de la mort en étrangeté de résurrection. Il traverse la mort sans lui appartenir et en fait un passage vers la vie. Ainsi, l’Étranger devient l’Hospitalier ; l’étrangeté devient l’hospitalité ; la mort et la croix deviennent la vie et la résurrection. Et le chrétien est celui qui devient, à la suite du Christ, un être de résurrection, c’est-à-dire un être qui transforme toute étrangeté en hospitalité…. Amen.
Père Charbel Maalouf
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