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Surface granuleuse
dimanche 13 septembre 2026
24ème dimanche du temps ordinaire
année A

 
« Dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur »
(Rm 14, 8)  
 
En méditant, ce dimanche, l’épître de saint Paul aux Romains, nous sommes invités à contempler le mystère de notre appartenance au Christ. Lorsque l’Apôtre affirme que, « dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur » (Rm 14, 8), il nous conduit à nous interroger : que signifie véritablement appartenir au Christ ? De quelle appartenance s’agit-il, et comment celle-ci vient-elle transformer notre manière de croire, de vivre, de mourir et d’entrer en relation avec les autres ?
Appartenir au Christ, c’est d’abord appartenir à une Personne vivante. Cette appartenance ne fait pas de nous une secte à part, enfermée dans ses frontières, ni les gardiens d’une identité figée ou d’une tradition sclérosée dont il suffirait de se réclamer. Le christianisme n’est pas d’abord l’appartenance à un système religieux : il est une rencontre et une relation avec Quelqu’un. Nous appartenons au Christ parce que le Christ, le premier, s’est donné à nous et pour nous. Cette appartenance ne nous emprisonne donc pas : elle nous libère. Elle ne fige pas notre identité : elle la met sans cesse en mouvement, parce que Celui auquel nous appartenons est vivant. 
Appartenir au Christ, c’est ensuite appartenir à son mystère pascal, à sa mort et à sa résurrection. Saint Paul le dit avec une force extraordinaire : « Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. » Notre appartenance au Christ nous introduit ainsi dans une dynamique pascale où la mort elle-même devient passage vers la vie. Appartenir au Christ, c’est accepter que quelque chose puisse mourir en nous pour que quelque chose de nouveau puisse naître : mourir à nos enfermements, à nos peurs, à notre péché, à notre volonté de posséder, pour ressusciter sans cesse à une liberté plus grande, à une fraternité plus vraie, à un amour plus profond. 
Appartenir au Christ, enfin, c’est appartenir à l’universel. Le Ressuscité n’a plus de frontières : sa vie offerte embrasse tout homme et toute femme, toute culture, tout peuple, toute souffrance et toute espérance humaines. Appartenir à Celui qui est mort et ressuscité pour tous nous interdit donc de faire de notre foi une frontière supplémentaire entre les hommes. Au contraire, plus nous appartenons au Christ, plus notre cœur devrait devenir large, hospitalier et universel. L’appartenance chrétienne devient alors un mode de vie : faire de notre propre vie un lieu où d’autres puissent passer de la mort à la vie ; un lieu où celui qui souffre puisse être accueilli, celui qui est exclu retrouver une place, celui qui désespère rencontrer une espérance, celui qui se croit étranger découvrir un frère. C’est ainsi que nous appartenons à Celui qui est « mort et revenu à la vie » : quand notre identité chrétienne devient une identité vivante, pascale, toujours renouvelée dans un amour où toute mort peut déjà porter la promesse d’une résurrection.
Père Charbel Maalouf
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