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Surface granuleuse
dimanche 1er novembre 2026
Solennité de tous les saints
année A
La Toussaint : un chemin de paix et de communion

 

 
Au soir de Pâques, le Christ ressuscité se tient au milieu de ses disciples, encore enfermés dans la peur, et leur adresse cette parole : « La paix soit avec vous » (Jn 20,19). Cette paix est le fruit du mystère pascal. Elle jaillit de la Croix, ce lieu paradoxal où s’affrontent la violence et l’amour, la haine et le pardon, la mort et la vie. Mais la Croix n’est pas seulement le lieu du combat : elle devient, par le don total du Christ, le lieu de la réconciliation et le chemin de la Résurrection. Là où la violence voulait détruire, l’amour trace un chemin ; là où la mort semblait triompher, la vie a le dernier mot.
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Cette paix est aussi une œuvre de combat et d’unification intérieures. Grégoire de Nysse, dans sa septième Homélie sur les Béatitudes sur les ‘artisans de paix’, évoque cette « guerre civile » qui traverse l’homme, partagé entre la chair et l’esprit. Or la paix ne consiste pas à supprimer l’une de ces dimensions au profit de l’autre, mais à surmonter leur opposition pour retrouver l’unité de l’existence humaine. Grégoire affirme ainsi que les deux aspects de la vie, autrefois divisés, sont « réunis par un mélange salutaire » et « se fondent en un seul ». La paix véritable ne consiste pas à détruire une partie de nous-mêmes, mais à réconcilier ce qui était divisé, afin que notre existence retrouve son unité et s’oriente tout entière vers Dieu. Ainsi, la paix du Ressuscité nous réconcilie avec Dieu, avec nous-mêmes et avec notre prochain.
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C’est précisément ce que nous célébrons à la Toussaint. Les saints ne sont pas des êtres qui auraient échappé aux combats de l’existence, à la souffrance ou à la mort. Ils sont ceux qui, au cœur même de ces épreuves, ont accueilli la victoire du Christ et laissé sa paix transformer leur vie. En eux, l’amour a progressivement vaincu la haine, le pardon a surmonté les divisions et la communion a pris le pas sur la peur. Leur sainteté manifeste que la Résurrection n’est pas seulement une promesse pour l’au-delà : elle est déjà une puissance de vie, de réconciliation, de paix et de communion. Ainsi, la Toussaint nous rappelle que la sainteté n’est pas une existence sans combat, mais une existence traversée et transformée par la paix du Ressuscité. La Croix devient chemin de vie, la réconciliation devient chemin de sainteté, et la paix devient le signe d’une humanité appelée à être en communion avec Dieu.
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Père Charbel Maalouf
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